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La Bascule : retour sur le chantier de la RD987

Les 5,7 kilomètres de route entre le carrefour de la Bascule et la commune de Wignicourt arborent depuis la semaine dernière un enrobé flambant neuf ! Menée par la Direction des Routes du CD08, cette opération consistait en une réfection complète de la couche de roulement. Dans le même temps, comme l’a fait ressortir une étude complète, certains tourne-à-gauche et tourne-à-droite ont été recalibrés, d’autres supprimés. « Suite à la mise en service de l’A34, le trafic journalier sur la RD987 s’est estompé ; de fait, les voies d’insertion (tourne-à-gauche, tourne-à-droite et leurs zébras) sont devenues surdimensionnées vis-à-vis trafic actuel », explique Patrick Parant, chef de secteur au sein du Territoire Routier Est, qui a supervisé le chantier. L’occasion également de tester un principe d’aménagement nouveau en France, puisque la largeur de chaussée ainsi économisée en rive (sur les côtés) a été reconvertie sous forme de « bandes multifonctionnelles » matérialisées avec un marquage adapté. Cette bande est destinée aux véhicules lents (engins agricoles, vélo...) afin de fluidifier la circulation.

Jusqu’à 20% de matériaux recyclés

Au cours de la première semaine d’intervention, et après la mise en place des déviations et la fermeture par les agents départementaux de la portion concernée par les travaux, les raboteuses d’Eurovia, l’entreprise retenue pour ce chantier, ont retiré la couche supérieure de la route. « Il s’agit d’engins équipés de dents avec des pointes en carbone qui arrachent la première couche sur environ 6 cm de profondeur, reprend Patrick Parant. On a vu 4 raboteuses intervenir simultanément, chacune équipée d’un rabot de 2 mètres de large. Pour moi, c’était du jamais vu ! » 
Après quoi, le rabotage (l’enrobé arraché) a été acheminé vers une entreprise spécialisée située dans les Ardennes dans le but d’être recyclé. Pour le CD08, il s’agissait là d’une première : « Nous avons inscrit dans le marché un critère valorisant le recyclage, détaille Patrick Parant. Le prestataire retenu s’engageait à recycler le rabotage non amianté et à utiliser une partie recyclée pour le nouvel enrobé. Ainsi, 20% du nouvel enrobé peut être issu du recyclage. » 

Des analyses par le Laboratoire départemental

Avant le début effectif du chantier, le Laboratoire départemental avait été mobilisé pour identifier les désordres de l’enrobé, les éventuelles défauts d’accrochage entre couches, de prise des matériaux traités, etc. 18 carottages (prélèvements de chaussée en vue d’une analyse détaillée) ont donc été effectués par les agents du Laboratoire et ont permis d’identifier deux zones contenant de l’amiante. 8 carottages complémentaires, espacés de 20 mètres environ, ont été par la suite réalisés pour définir précisément les endroits amiantés. Résultats : des problèmes d’adhérence entre l’enrobé et le liant hydraulique, ainsi que des zones contenant de l’amiante ont été repérés. « La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y avait pas de présence de HAP, les hydrocarbures aromatiques polycycliques, détaille Tony Roland, agent au Laboratoire départemental d’analyses. Dans la mesure où une partie de l’ancien enrobé est réutilisée pour concevoir la nouvelle couche, il était indispensable de réaliser ces analyses et de s’assurer qu’il n’y ait pas de traces de polluants. »
De son côté, Karl Reith, dessinateur/projecteur à la Direction des Routes, s’est chargé de réaliser les plans des nouveaux tourne-à-gauche et tourne-à-droite. Avec l’objectif de les recalibrer en cohérence avec l’usage actuel de la route : « Pour concevoir les plans, je me suis basé sur notre guide technique et sur le volume du trafic actuel. En tout cas, c’était une première pour moi ! », explique-t-il. Le profil en long de la chaussée a été conservé, mais les zébras ont été réduits.
Au cours de la deuxième semaine de chantier, d’autres engins ont pris le relais des raboteuses : les « finishers », pour poser le nouvel enrobé, auxquels s’ajoutent les compacteurs, destinés à bien tasser les différentes couches. Sur place, un autre agent du Laboratoire, Frédéric Boutin, teste la température de l’enrobé fraîchement coulé : « Il faut a minima du 140°. Si ce n’est pas assez chaud, l’enrobé refroidira trop vite et n’accrochera pas et les compacteurs auront du mal avec une température trop froide. » D’autres test suivront : la vérification de la compacité de la GTLH (grave traitée au liant hydraulique, la couche juste en-dessous de l’enrobé) mise en œuvre lors des purges et le contrôle de la rugosité des enrobés (pour éviter les problèmes de manque d’adhérence des véhicules).

La machine peinture en action

Enfin, la dernière étape revenait aux agents départementaux : la pose du marquage au sol. Elle s’est déroulée dans les derniers jours du chantier, en deux temps : un prémarquage, défini selon la longueur de la route et le volume du trafic, et le marquage définitif, réalisé à l’aide la machine peinture, acquise cet été par la Direction des Routes. « Nous ne pouvions intervenir qu’en toute fin de chantier, après que la couche d’enrobé soit totalement sèche », explique Thierry Degermann, chef du Pôle Travaux spécialisés à la Direction des Routes.
Le chantier s’est terminé le vendredi 16 octobre et la route a pu être rouverte à la circulation en fin de journée. 

Le chantier en 9 étapes :

  1. Etudes du Service Gestion du Patrimoine Routier de la Direction des Routes (comptages, analyses, projet)
  2. Carottages et analyses en lien avec le Laboratoire départemental d’analyses (en amont du début du chantier)
  3. Mise en place des déviations par le Centre d’Exploitation de Poix-Terron
  4. Prémarquage peinture par le Pôle Travaux spécialisés de la Direction des Routes
  5. Rabotage de la couche de roulement et nettoyage de la chaussée par Eurovia
  6. Pose du nouvel enrobé par Eurovia
  7. Nouveau prémarquage peinture par le Pôle Travaux spécialisés de la Direction des Routes
  8. Marquage au sol définitif avec la machine peinture
  9. Levée des panneaux de déviation et remise en service de la RD par les agents du Centre de Poix-Terron

En chiffres :

5,7 km de route concernés
Jusqu’à 20 engins en action (dont 4 raboteuses pouvant enlever la chaussée jusqu’à 2 m de large)
Jusqu’à 20% d’enrobé recyclés
Près de 7.500 tonnes d’enrobé utilisées
26 carottages effectués pour identifier les désordres de l’enrobé
Environ 800 kg de peinture utilisés pour le marquage au sol
Coût du chantier : 825.250 € 

La raboteuse retire la couche supérieure de la route
La raboteuse retire la couche supérieure de la route
La raboteuse retire la couche supérieure de la route
Patrick Parant, chef de chantier, et Karl Reith, dessinateur
Le finisher coule la couche d'enrobé
Le compacteur tasse les différentes couches
Le marquage définitif, réalisé par le Pôle Travaux spécialisés du CD08
Le marquage définitif, réalisé par le Pôle Travaux spécialisés du CD08
La machine peinture en action
La machine peinture en action
Enrobé flambant neuf et peinture toute fraîche