MAM: Vireux est à la... Pointe!

Les Ardennes ne comptent encore qu’une seule MAM : Maison d’Assistantes Maternelles. Mais le concept, à mi-chemin entre la nounou et la crèche, fera sûrement très vite des petits, parce qu’il présente une foultitude d’avantages. A Vireux-Molhain, dans le quartier de la Montagne des Vignes, où elle est installée, la MAM fait l’unanimité. Reportage…

« Vous avez des parents qui ne veulent pas que leur enfant aille chez une nounou, parce qu’ils trouvent ce mode de garde trop individuel, mais qui ne sont pas non plus tentés par une structure collective tel un multi-accueil ; dans ce cas-là, la MAM pourrait leur convenir, car c’est l’entre-deux. Ça ressemble à une crèche –l’enfant évolue dans un groupe d’âges différents- mais c’est plus familial, résume bien Lydia Degeorge, éducatrice de jeunes enfants au Conseil départemental. C’est la 1ère expérience du Département dans ce domaine. Nous avons accompagné le projet du début jusqu’à la création. C’est nous qui délivrons les agréments aux trois assistantes maternelles qui travaillent ici. Mais ça a été vraiment une belle aventure. S’il fallait recommencer, je dirais oui de suite. D’autant que la municipalité de Vireux a été d’un soutien sans faille. Ces élus ont tout compris à l’intérêt de l’accueil de la petite enfance sur un territoire. »

Elles sont donc 3, dans cette MAM. Trois nounous –Maria, Danielle et Christelle (lire leur témoignage ci-dessous)- agréées pour s’occuper chacune de 4 enfants. « Chaque petit a ainsi son repère, et les parents aussi savent qu’ils ont affaire à une personne attitrée. Ils passent un contrat de travail avec la nounou de leur choix, explique Maria. En tous cas, il reste encore quelques places ! Nous n’avons pas de bébés pour l’instant, la plupart des enfants ont entre 18 et 24 mois. Notre plus grand, Léo, a 4 ans et demi. Il est à l’école maternelle juste en face mais il vient ici le midi et le mercredi après-midi. Il fréquente la MAM sur les temps périscolaires. »

Pour les parents, c’est hyper confortable, la MAM à côté de l’école. Les horaires sont assez larges, en plus : 7h30 le matin, 18h30 le soir. Mais c’est modulable. « Certains jours, on ouvre à 6h30. On se cale, du mieux qu’on peut, aux besoins des parents », assure Maria, qui est aussi la présidente de Mon’t Bambins, l’association qui gère la MAM.

Elles s’adaptent à tout en fait, ces 3 nounous d’enfer. C’est ce qui fait la grande force de cette Maison. Préparer la popote, elles savent faire. Et bien faire ! « Après, si les parents préfèrent amener leurs repas, ça ne pose aucun problème, on respecte le choix de chacun. La seule chose quand même qu’on peut dire, précise Maria, c’est que tout le monde y met du sien pour que nos loulous mangent bien. On est gâté : on nous donne des légumes, de la gelée de pommes, de la sauce tomate, des confitures… ça vient de nos familles, des copains, mais souvent aussi, des gens du quartier ! Il y a un esprit village ici. Là où elle est installée, la MAM ne pouvait pas mieux tomber… »

De son côté, le maire de Vireux-Molhain, Jean-Pol Devresse, qui est à l’origine du projet, est ravi : « Ça faisait un petit moment que je voulais qu’on ouvre une MAM à Vireux. La première fois que j’ai découvert ce concept, j’y ai tout de suite cru. Je n’y vois que des avantages. Pour des petites villes comme la notre, qui cherche à capter et à retenir les jeunes parents, une MAM c’est un service attractif. Qui permet de garder attractive notre école située juste à côté ! Les deux structures sont collées, et très liées. Ce serait logique que les familles qui mettent leurs petits à la MAM, les inscrivent ensuite dans cette école. Ce n’est pas anodin ; derrière, ça veut dire moins de risques en termes de fermeture de classe… En plus, le local, nous l’avions –c’est nous, la commune, qui devons en effet en mettre un à disposition de l’association. L’ancienne classe de l’école de la Montagne des Vignes où la MAM est installée, avait juste besoin d’être un peu transformée et rénovée. Les travaux ont été l’occasion de faire travailler des gens. C’est un projet utile à tous ! »

Contact MAM :

03.24.52.01.08

 

Ce qu’elles pensent de la MAM :

  • Maria Vasseur, présidente de l’association « Mon’t Bambins » gérante de la MAM, nounou depuis cinq ans :

« Cette structure a été pour moi l’occasion de redécouvrir mon métier. Je m’épanouis totalement, ici. Je me sens plus libre. C’est une maison, les enfants ne sont pas dans un appartement. Et rien de nos vies personnelles n’interfère sur eux, ça c’est un vrai plus. Pas de visites, pas de coups de fil, on est dispo pour eux à 100%.

Je redécouvre aussi le plaisir du bricolage : on fait plein de choses, plus et en plus grand, parce qu’on a plus de place et plus d’idées ! On dit toujours que deux têtes valent mieux qu’une, alors trois… Mais c’est évident. Et c’est valable pour tout dans une MAM. En matière de repas, c’est plus simple, on se casse moins la tête à savoir ce qu’on va cuisiner puisqu’on prépare les menus de la semaine ensemble. Sur la question de nos pratiques professionnelles, également, c’est super intéressant. Parce qu’on a toutes des façons de faire différentes et que le fait de les échanger nous enrichit. On est sans arrêt dans l’échange, en fait. Ça profite à nous et aux enfants. Je crois vraiment que les enfants sont gagnants, avec ce système de MAM. Un truc tout bête : quand l’une de nous trois est fatiguée, il en reste deux autres pour prendre le relais. Quand on s’invite à l’école dans la classe des petits pour déguster avec eux des fruits de saison, comme on l’a fait au mois d’octobre pour la semaine du goût, c’est que du bonus pour nos loulous. Ça c’est le gros avantage d’une MAM située à côté d’une école : comme des liens se sont tissés entre eux et nous, nos petits vont bénéficier de tout ce qui rythme l’année à l’école. Et ce sera moins dur pour eux quand ils devront franchir le cap de l’école. Ce ne sera pas l’inconnu. »

  • Danielle Franzetti, nounou chez elle pendant vingt ans :

« L’intérêt principal d’une Maison comme celle-ci, pour moi, c’est que quand les parents déposent leur enfant le matin, ils savent que l’ambiance et le contact autour de lui seront chaleureux. Parce que qu’est-ce qu’on s’amuse, à plusieurs ! C’est super de voir les affinités qui se créent entre les enfants, les amitiés qui se nouent.

Et ils s’habituent à la collectivité, ça c’est très important. On joue ensemble, on apprend à respecter les autres et le matériel, on partage, on range… La vie, quoi ! »

  • Christelle Pennella, nounou depuis deux ans :

« Pour moi qui suis nouvelle dans ce métier, je trouve que c’est l’idéal, de faire partie d’une MAM. Je n’ai pas peur. Si quelque chose ne va pas, si je ne sais pas comment faire, je peux compter sur les autres pour m’orienter, me conseiller. Et l’échange est direct. Quand on est toute seule chez soi et qu’on pose une question, on attend ; ici, la réponse est immédiate. Le fait d’être à trois, c’est vraiment ça qui me plaît le plus. C’est à coup sûr plus d’idées et plus de concertation sur nos pratiques, comme dit Maria, et surtout, je ne suis plus isolée chez moi. La MAM, ça nous sort de chez nous, du quotidien. On l’assume aussi ici -on fait le ménage, on prépare à manger- mais à plusieurs. C’est très différent. C’est moins lourd. Par contre, ce que je faisais pour ma maison en étant chez moi la journée, maintenant je le fais le soir. Ça fait double journée… »