Budget primitif 2016 : les débats de la 2e journée

Les débats autour du budget primitif 2016 se sont poursuivis ce mardi 22 mars à l’Hôtel du Département, avec des gros morceaux à voter pour les élus du Conseil départemental des Ardennes : les rapports sur la Protection de l’Enfance, la MaDEF, l’insertion, et les personnes âgées - personnes handicapées.

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La Protection de l'Enfance

 Sur la Protection de l’Enfance, les dépenses vont augmenter cette année (24,44 M€, contre 22,21 M€ l’an passé) du fait de la création de nouvelles mesures alternatives au placement permettant aux enfants d’être accompagnés dans leur cellule familiale. Il faut savoir que dans les Ardennes, plus de 2.000 mineurs et jeunes majeurs sont accueillis ou accompagnés par les services de protection de l’enfance. « Nous avons de plus en plus d’enfants confiés ou qui font l’objet de mesures, et nous devons adapter nos moyens. Dans le domaine de l’Enfance, il n’y a pas et il n’y aura pas d’économies, a insisté le Président du Conseil départemental, Benoît Huré. Il faut des réponses « cousu main », pour chacun de ces enfants que nous accueillons. Des alternatives au placement existent et elles peuvent être les meilleures solutions. Je sais que ces mesures qu’il convient de mettre en place, nécessiteront des équipes nouvelles. Nous serons contraints de recruter. »


Au sujet de la MaDEF, Maison départementale de l’enfance et de la famille : là aussi, il a été voté que les dépenses de fonctionnement augmenteront en 2016. Les demandes d’accueil ne cessent de croître depuis 2010 et l’établissement doit régulièrement étendre son offre d’accueil d’urgence et recruter du personnel en plus.

« Même s’il y a le projet d’une nouvelle MaDEF, nous devons pousser l’investissement et améliorer les conditions d’accueil actuelles, c’est essentiel », est intervenue Bérengère Poletti. Rejointe dans son propos par l’Opposition : « Mettre les jeunes et les salariés dans de bonnes conditions, c’est le point de départ, pour avancer. Donc oui, il faut investir, même si c’est temporaire. »

« Vu de l’extérieur, le projet de nouvelle MaDEF peut être vécu comme l’Arlésienne, bien que nous savons tous ici que ce n’est pas le cas. Je veux, a affirmé Benoît Huré, que fin 2016, on soit en mesure de commencer un certain nombre de travaux sur ce terrain, ce sera un signe fort. » Et de poursuivre : « On accueille chez nous en urgence des enfants qui, vu leur profil, devraient être pris en charge par le milieu hospitalier. Là encore, l’Etat nous refile un certain nombre de missions, alors que nous n’avons pas les compétences ! Et comme il sait qu’on n’a pas le droit de laisser ces enfants sur le bord de la route… » L’occasion pour le Président Huré de saluer le travail des services de la collectivité, qui, dans ce domaine en particulier, travaillent dans l’urgence.

Insertion et développement social

Au chapitre de l’insertion, ensuite, la proposition de retenir comme base de calcul des dépenses liées au RSA, celles constatées en 2014 (soit 55,5 M€), a fait logiquement débat. Elle a d’ailleurs fait l’objet d’un vote séparé, où l’Opposition s’est abstenue et quelques conseillers dont Joseph Afribo ont voté contre. « Voter un budget insincère, non, a soutenu ce dernier. Je ne peux pas voter cette non augmentation à prendre en compte. » Benoît Huré en profite pour rappeler qu’un budget insincère n’est pas un budget malhonnête.

« On a bien compris le sens contestataire de cette proposition, s’est expliqué à son tour Erik Pilardeau, mais elle est à double tranchant. Est-ce qu’on ne va pas mettre en difficulté nos partenaires, la CAF notamment ? Et c’est une façon de masquer nos difficultés… »

« Moi je considère que c’est prudent de voter ce chiffre de 55,5, sachant qu’il n’y a pas d’inquiétudes pour les ayant-droits et qu’il faut faire pression, est convaincu Benoît Huré. L’Etat doit trouver les moyens de sa politique de solidarité ! Il n’assume plus les dépenses, ce n’est plus tenable ; pour le RSA, la moitié est payée par les territoires ! Je n’augmenterai pas les impôts pour faire à sa place les politiques qu’il prescrit. »

Au total, l’insertion en 2016 représentera 68,16 M€ de dépenses de fonctionnement (RSA, Plan Départemental d’Insertion, contrats aidés, actions liées au logement…) et 950.000 € d’investissement.

Personnes âgées et personnes handicapées

Enfin, concernant les personnes âgées et handicapées, les dépenses de fonctionnement 2016 s’élèveront à 42,18 M€ pour les personnes âgées (dont 25,3 M€ au titre de l’APA à domicile et 10,7 M€ pour le financement de la dépendance en établissement) et 36,73 M€ pour les personnes handicapées. En investissement, le crédit voté se chiffre à 1,15 M€.